Environ 1,6 million de femmes sont concernées par la campagne de courrier annoncée en septembre 2026 sur le risque très faible de méningiome associé à certains contraceptifs contenant du désogestrel. Les professionnels de santé sont également informés de ces nouvelles recommandations.
Quelles pilules sont concernées ?
Les recommandations concernent les contraceptifs oraux contenant 75 microgrammes de désogestrel, notamment Antigone, Cérazette, Elfasette, Optimizette et leurs génériques.
Par précaution, les autorités sanitaires étendent certaines mesures aux contraceptifs combinés contenant du désogestrel ainsi qu’à l’implant Nexplanon, même si les données disponibles ne permettent pas actuellement d’établir le même niveau de risque pour ces produits.
Un risque qui reste très faible
Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Le risque observé avec le désogestrel concerne surtout les femmes de plus de 45 ans ou celles qui l’utilisent depuis plus de cinq ans.
Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament, l’estimation est d’environ un cas supplémentaire de méningiome pour un peu plus de 67 000 femmes utilisant ces médicaments. Il s’agit d’un risque supplémentaire associé au traitement, et non du nombre total de méningiomes. Le risque dépend notamment de la durée d’utilisation, de l’âge et des traitements antérieurs. Ce risque demeure nettement inférieur à celui constaté avec certains autres progestatifs.
Il ne faut pas arrêter sa pilule seule
En l’absence de symptôme, il n’est pas nécessaire de consulter en urgence et une IRM systématique n’est pas recommandée. Les autorités sanitaires demandent surtout que la contraception soit régulièrement réévaluée avec un médecin ou une sage-femme, particulièrement après 45 ans ou en cas d’utilisation prolongée.
Il ne faut pas arrêter ou modifier son contraceptif sans l’avis d’un professionnel de santé. Un arrêt non préparé peut entraîner une grossesse non désirée.
Préparer la discussion avec son professionnel de santé
Pour faire le point, il est utile de retrouver le nom du contraceptif utilisé, sa durée de prise et les traitements progestatifs antérieurs. L’ANSM recommande une réévaluation régulière, tenant compte notamment de l’âge, des antécédents médicaux et des choix de la patiente. Il ne s’agit pas de choisir seule une pilule de remplacement.
L’absence d’IRM systématique ne signifie pas qu’aucune situation particulière ne nécessite d’examen : à l’instauration du désogestrel, l’ANSM prévoit aussi une IRM en cas d’exposition antérieure de plus d’un an à certains progestatifs à risque. Cette indication relève du professionnel de santé. Recommandations de l’ANSM, relues le 12 octobre 2026.
Quels symptômes doivent alerter ?
Il est conseillé de consulter en cas de maux de tête persistants, troubles de la vision, faiblesse musculaire, difficultés d’équilibre ou de langage, pertes de mémoire, ou apparition ou aggravation de crises d’épilepsie. Le professionnel de santé décidera alors si une IRM est nécessaire.
Sources consultées le 10 septembre 2026 : Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), Haute Autorité de santé (HAS) et UFC-Que Choisir.