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« On me reproche un manque de lien, alors qu’on m’empêche de le construire » : le combat de Cassandra Begot

À Vienne, Cassandra Begot raconte son parcours d’ancienne enfant placée et son combat pour maintenir le lien avec son fils. Dans ses réponses adressées à Zoubida Info les 16 et 18 octobre 2026, elle présente l’association La Voix des enfants placés et ses propositions de réforme. Son témoignage est rapproché des documents qu’elle a transmis.

Logo de l’association La Voix des enfants placés transmis par Cassandra Begot.
Support associatif transmis par Cassandra Begot, utilisé avec son autorisation. — La Voix des enfants placés

Le récit de son enfance placée

Cassandra Begot déclare avoir été placée à neuf ans. Un placement qui, selon son témoignage, ne lui a pas apporté la sécurité qu’elle était en droit d’attendre.

Elle raconte avoir subi des violences physiques et psychologiques dans son foyer. Elle affirme également avoir été contrainte de prendre des médicaments contre sa volonté.

Elle dit également avoir connu d’autres enfants victimes de violences sexuelles au sein de structures d’accueil ou de familles d’accueil.

Ces accusations sont particulièrement graves. Zoubida Info les rapporte comme le témoignage de Cassandra Begot ; les éléments actuellement communiqués à notre rédaction ne permettent pas de vérifier indépendamment chacun de ces faits.

Mais son récit soulève une question fondamentale : que se passe-t-il lorsqu’un enfant retiré de son environnement familial pour être protégé subit de nouvelles violences dans son lieu d’accueil ?

Qui recueille sa parole ? Qui contrôle les établissements ? Et vers qui peut-il se tourner lorsqu’il estime que les adultes chargés de sa protection ne l’écoutent pas ?

Devenue mère, elle affronte une nouvelle séparation

Aujourd’hui, Cassandra Begot est elle-même maman.

Son petit garçon a été placé alors qu’il était nourrisson. Dans sa réponse du 18 octobre 2026, elle indique bénéficier de deux visites par mois.

Elle affirme avoir entrepris de nombreuses démarches, écrit au juge et sollicité les services de l’Aide sociale à l’enfance pour obtenir une évolution de sa situation.

Elle indique également avoir retrouvé la garde de ses enfants aînés et élever ses autres enfants à son domicile.

Au moment de son témoignage, elle indique que son fils ne vit pas à son domicile.

Une contradiction qu’elle ne comprend pas.

« On me reproche un manque de lien, alors qu’on m’empêche de le construire. »

Cette phrase résume le sentiment d’impuissance qu’elle décrit.

Comment développer une relation régulière entre une mère et son enfant lorsque leurs rencontres sont aussi espacées ?

La question mérite d’être posée, sans préjuger des raisons qui ont conduit la justice à décider du placement.

La rédaction a relu les deux pièces originales transmises : le certificat de guidance parentale du 11 octobre 2025 décrit son investissement dans cet accompagnement ; le bilan parental du 5 mai 2026 formule une appréciation favorable et préconise un retour de son fils. Il s’agit des évaluations de leurs auteurs, pas d’une décision judiciaire ni d’une expertise contradictoire de l’ensemble du dossier. Ces pièces ne constituent toutefois pas l’intégralité du dossier : les décisions judiciaires et les observations de l’ASE n’ont pas été communiquées.

Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer si le placement est justifié ou non.

En revanche, sa demande est explicite : voir son fils davantage et obtenir son retour au domicile familial lorsque les conditions le permettront.

Une association née de la colère et de l’expérience

Plutôt que de limiter son combat à sa propre situation, Cassandra Begot a décidé de créer une association.

Son nom : La Voix des enfants placés – Vienne.

La copie de l’annonce au Journal officiel transmise à la rédaction porte la date du 13 octobre 2026, le numéro d’annonce 1050 et le RNA W383010111 ; elle mentionne une déclaration du 4 octobre. Le récépissé transmis reprend ce RNA. La fiche publique de l’annuaire Gralon concorde sur le nom, le RNA et les dates : https://www.gralon.net/mairies-france/isere/association-la-voix-des-enfants-places-vienne-vienne_W383010111.htm . Ce contrôle documentaire porte sur la déclaration de l’association, pas sur les faits dénoncés.

Son ambition est de recueillir les témoignages d’anciens enfants placés, de soutenir les familles et de faire remonter les dysfonctionnements signalés.

Cassandra souhaite notamment constituer un dossier documenté pour interpeller les responsables politiques.

Elle insiste sur un point essentiel : son combat ne vise pas à supprimer la protection de l’enfance.

Elle reconnaît que certains enfants doivent impérativement être éloignés d’un environnement dangereux.

Mais elle demande que les décisions soient justifiées, proportionnées, contrôlées et régulièrement réévaluées.

Des enfants placés pour être protégés : mais qui les protège une fois placés ?

C’est probablement l’une des questions les plus sensibles de ce dossier.

Un enfant peut être placé pour le protéger de violences, de négligences ou d’un danger familial.

Mais le placement ne doit jamais devenir une situation dans laquelle sa parole serait ignorée.

Les changements répétés de lieux d’accueil, les ruptures de liens affectifs, les conflits avec les éducateurs ou les violences éventuellement subies doivent pouvoir être signalés et examinés.

La protection ne peut pas se résumer à éloigner un enfant du danger initial. Elle doit aussi garantir sa sécurité physique, psychologique et affective pendant toute la durée de sa prise en charge.

Les fugues de mineurs constituent également un sujet préoccupant.

Lorsqu’un jeune quitte son lieu d’accueil, cherche-t-on suffisamment à comprendre les raisons de son départ ?

Une fugue peut exposer un mineur à de nouveaux dangers, notamment à des violences ou à l’emprise d’un tiers.

Elle doit être prise au sérieux, tout comme les éventuelles souffrances qui l’ont précédée.

Psychologues indépendants, éducateurs extérieurs : les propositions de Cassandra

Pour tenter de changer les pratiques, la présidente de l’association défend plusieurs mesures.

Sa première proposition consiste à garantir à chaque enfant placé un psychologue indépendant de sa structure d’accueil.

Elle souhaite également la présence d’un éducateur spécialisé indépendant, capable d’évaluer les besoins du mineur, son environnement et ses relations familiales.

Selon elle, les observations de ces professionnels devraient pouvoir être transmises directement au juge des enfants.

L’objectif serait de permettre une évaluation extérieure, sans dépendre exclusivement des services chargés du placement.

Cassandra réclame aussi la création d’un organisme national indépendant de contrôle de l’Aide sociale à l’enfance.

Cet organisme pourrait, selon son projet, examiner les signalements de violences, contrôler les rapports contestés, entendre les familles et les enfants et effectuer des inspections inopinées.

Elle demande enfin un meilleur encadrement des décisions de placement et une priorité donnée à l’accompagnement familial lorsque la sécurité de l’enfant le permet.

Une réforme de l’article 375 du Code civil

Cassandra Begot souhaite faire évoluer l’article 375 du Code civil, qui encadre notamment les mesures d’assistance éducative.

Elle estime que les garanties existantes doivent être renforcées, notamment en matière d’évaluation indépendante et de contrôle des pratiques.

Son document de neuf pages est un projet citoyen destiné aux parlementaires. Il ne constitue pas une proposition de loi officiellement déposée ni un texte adopté. Elle indique avoir transmis ses propositions à des responsables politiques.

Elle déclare notamment avoir déposé un courrier recommandé le 18 octobre 2026, adressé à la députée Ayda Hadizadeh. Cette démarche ne permet pas, à elle seule, d’établir la réception effective du courrier ni l’examen de ses propositions par la parlementaire.

L’association a également lancé une pétition pour demander un psychologue et un éducateur spécialisé indépendants pour chaque enfant placé.

Pétition : https://c.org/KbJbQCZYm4

Après le décès d’une mère qui dénonçait l’ASE, Cassandra Begot appelle à une réforme

Selon Le Parisien, dans un article de Sébastien Blondé publié le 17 octobre 2026 à 10 h 30, une femme de 48 ans est décédée le 15 octobre en gare de Longueville, en Seine-et-Marne. Cette mère, désignée ici comme Céline M. d’après les éléments transmis à la rédaction, contestait depuis plusieurs années le placement de son fils et avait formulé des accusations contre l’Aide sociale à l’enfance. Les extraits du Parisien transmis à Zoubida Info soulignent que des zones d’ombre subsistent autour de ces accusations.

Ce drame a profondément marqué Cassandra Begot, présidente de l’association La Voix des enfants placés à Vienne.

Dans une pétition, elle appelle les pouvoirs publics à examiner quinze propositions destinées à renforcer la protection des enfants, l’indépendance des contrôles et le respect des droits des familles.

Le décès de Céline ne permet pas, à lui seul, d’établir la responsabilité de l’ASE. Mais il remet au premier plan une question essentielle : comment mieux entendre et accompagner les familles qui expriment une profonde détresse face aux décisions de placement ?

Pour Cassandra Begot, il ne suffit plus de réagir après les drames. Elle demande des mesures concrètes pour prévenir les dysfonctionnements et garantir que chaque enfant soit réellement protégé.

Source : Le Parisien, Sébastien Blondé, « Suicide d’une mère qui dénonçait l’ASE : ce que l’on sait du parcours de la victime et de ses accusations », 17 octobre 2026 à 10 h 30, extraits transmis à la rédaction.

Des témoignages de violences qui interrogent la protection des enfants placés

Depuis la création de son association, Cassandra Begot affirme recueillir des témoignages particulièrement préoccupants de familles et d’anciens enfants placés.

Certains évoquent des violences, notamment sexuelles, qui auraient été commises dans des établissements ou des familles d’accueil. D’autres disent avoir signalé des faits sans avoir obtenu les réponses ou la protection qu’ils espéraient.

Les situations individuelles rapportées par des tiers ne sont pas détaillées ici : la rédaction ne dispose pas de leurs dossiers ni d’un recoupement contradictoire.

Ces récits, que Zoubida Info n’a pas encore pu vérifier indépendamment, soulèvent une question fondamentale : comment garantir qu’un enfant qui dénonce des violences soit entendu, protégé et accompagné ?

Pour Cassandra Begot, c’est précisément l’une des raisons d’être de son association : recueillir ces paroles, encourager leur examen et réclamer des contrôles véritablement indépendants.

Protéger les enfants, sans faire taire leur parole

L’histoire de Cassandra Begot ne permet pas, à elle seule, de tirer des conclusions sur l’ensemble de la protection de l’enfance.

Des professionnels interviennent chaque jour pour mettre des mineurs à l’abri de situations dangereuses. Leur mission est indispensable.

Mais cette nécessité ne doit pas empêcher de questionner les décisions, d’examiner les dysfonctionnements ou de dénoncer les violences lorsqu’elles sont établies.

Une institution chargée de protéger les plus vulnérables doit pouvoir rendre des comptes.

Un enfant placé doit pouvoir parler sans craindre de représailles. Une famille doit pouvoir contester une évaluation et obtenir une réponse. Et lorsqu’une faute ou une violence est signalée, elle doit être examinée sérieusement.

Cassandra Begot a choisi de porter ces revendications publiquement.

Son association vient de naître. Reste désormais à savoir si ses propositions seront entendues, si elles trouveront des soutiens et si elles pourront contribuer à des changements concrets.

Car derrière chaque décision de placement, il ne devrait jamais y avoir seulement un dossier administratif. Il y a un enfant, une histoire, des liens affectifs et un avenir à préserver.

Pour contacter l’association

La Voix des enfants placés – Vienne

Présidente : Cassandra Begot

Courriel : begotcassandra28@gmail.com

Pétition : https://c.org/KbJbQCZYm4

Article réalisé par Zoubida Info à partir d’un questionnaire adressé à Cassandra Begot et de son témoignage. La rédaction a consulté le certificat de guidance parentale du 11 octobre 2025 et le bilan comportemental parental du 5 mai 2026. Les réponses originales des 16 et 18 octobre 2026, les deux bilans et les documents associatifs ont été relus pour cette mise à jour du 25 octobre. Les vidéos transmises pour consultation ne sont pas publiées. Les faits personnels contestés sont rapportés comme des déclarations de l’intéressée. Les éléments judiciaires et les réponses des institutions concernées restent à recueillir. Les détails concernant les enfants ont été limités pour préserver leur vie privée.

Faut-il renforcer les contrôles indépendants des foyers et de l’ASE ?

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